dimanche 23 février 2020

Municipales chez le ministre-candidat… Brèves de la semaine


Monsieur le ministre Darmanin n'exclue pas de rester ministre après l'élection municipale ! Si je comprends bien en cas de victoire, il ne sera pas maire et placera comme ce fut le cas quelque supplétif docile de son conseil à la place ou à l'inverse, en cas de défaite on doute fort que le Président puisse confier un nouveau poste ministériel à qui n'a pas recueilli l'approbation du suffrage universel.

Conclusion, la tête de liste LREM ne sera pas maire !

Les brèves de la semaine II

Dimanche16 février : Le poids de la brochure de campagne du ministre candidat, outre les dommages dorsaux qu'il peut occasionner aux militants qui la diffusent, est sans doute proportionnel à la crainte qu'il doit éprouver quant à sa réélection. Le contenu marque une certaine coûteuse ostentation quant au bilan et aux propositions exemptes, soit dit en passant, de toute référence politique sur son propre bilan. Enfin les oppositions ont du grain à moudre.

Lundi : Ainsi, il en va des pages consacrées aux séniors, la peur de dire les vieux ce qui serait incorrect en période électorale, extension du cadeau de fin d'année, gratuité des transports… merci, merci aussi pour avoir diminué la pension des retraités en augmentant la CSG, l'un compense-t-il l'autre ?

Mardi : Je suis frappé par le vide politique de la plupart des listes concurrentes, en particulier celle, apolitique, soutenue par l'ancien maire socialiste de Tourcoing "plus démocratique, plus durable, plus solidaire, plus vivante.."; de quoi mobiliser ce qui reste d'électeurs socialistes !

Mercredi : pages culture de la brochure ci-dessus mentionnée, où l'on se prend à rêver du temps où la ville était citée en exemple pour son développement culturel. Il en reste une forme de mépris des créateurs : conflit avec le Centre Dramatique National, abaissement de la politique muséale conduisant à l'absence de conservateur pour le musée, absence d'une politique claire de développement culturel fondé sur la présence de grands créateurs œuvrant de nouveau en toute indépendance pour le plus grand profit des tourquennois et un adjoint à la culture sans voix…

Jeudi : J'apprends que la liste du Rassemblement National a eu la plus grande peine à trouver une salle privée pour la venue de M. Bardella, deux propriétaires s'étant désistés à la dernière minute ! Etrange, non ? Il est vrai qu'elle acquiert dans le paysage de plus en plus de crédibilité en tant qu'opposant républicain au ministre Darmanin..

Vendredi : Je traverse Wattrelos couvert d'affiches de Dominique Baert maire sortant mais recouvert presque trop discrètement d'un autocollant : "soutenu par LREM"…Là au moins ses opposants, PS orthodoxe qui l'avait exclu et le RN sont à la manœuvre et placent le débat où il doit être…

Samedi : La Voix du Nord juge la campagne atone… Il faut dire que par le passé la culture politique des journalistes locaux faisait qu'ils laissaient une large place à la politique et étaient des relais efficaces à défaut d'être toujours impartiaux ; mais autre mœurs et autre contraintes pèsent sur eux, hélas.. Force est de constater cependant le déséquilibre des moyens d'autant plus que peu de listes ont véritablement affiché leur engagement politique d'alternative face à LREM et son ministre pourtant minoritaire dans les urnes aujourd'hui…


samedi 15 février 2020

Municipales : brèves politiques de la semaine


Dimanche 9 février: La liste du Rassemblement National mène campagne, forte des résultats antérieurs à Tourcoing. Son appel à l'unité des républicains a peu d'effet. Elle reste une alternative crédible au ministre candidat si elle développe son action politique à un autre niveau.

Lundi : Huit listes face à celle de Darmanin; à croire que l'on veut lui ouvrir un boulevard avec des listes de complaisance ou alors est-ce un simple signe de la déliquescence du politique.

Mardi : Où sont passés "Les Républicains" ? à genoux devant le ministre de Macron. Dans une ville à forte présence depuis toujours du gaullisme social pas un candidat pour y faire référence. Enfin il n'est pas trop tard, Debout la France est à la manœuvre.

Mercredi : La liste conduite d'Union des gauches (LFI, PCF,…) conduite par le fils de l'ancien maire socialiste Devloo est à saluer pour son engagement politique clair contre le "ministre de l'action publique et de l'inaction municipale"(sic).

Jeudi : pas de sigle politique sur les affiches du ministre Darmanin, aurait-il peur d'assumer la politique de LREM tant contestée ? Cela est pourtant au cœur du débat électoral, l'opposition semble bien molle à ce sujet...

Vendredi : Bousculade pour être de la liste du ministre Darmanin, la soupe d'"En Marche" n'est pourtant pas du goût des tourquennois, rappelez-vous les résultats aux européennes, Le Rassemblement National était largement en tête. Ces élections seront très politiques, première occasion de battre le macronisme.

Samedi : On ne peut qu'être triste de voir la disparition des socialistes, et pour plusieurs responsables le reniement de leurs convictions. Je pense à la place qu'occupaient dans la vie politique, sans remonter jusqu'à d'Inghels, les maires Louis Paris, René Debesson, Guy Chatiliez, Maurice Devloo…

samedi 18 janvier 2020

Une liste populaire et républicaine ?


Vendredi soir première réunion publique pour la création d'une liste municipale à Tourcoing, conduite par Julien Bailleul avec le soutien de Debout la France de Nicolas Dupont Aignan, en présence de Jean-Luc Landru, secrétaire départemental et d'adhérents tourquennois.

Quelques dizaines de concitoyens de toutes origines ont répondu à l'invitation et débattu sans à priori quant à la nécessité d'une offre politique de rassemblement républicain d'alternative à la municipalité" sortante, soutien à la politique menée par Macron et son plus fidèle représentant le ministre Darmanin.

Cette liste souhaite s'appuyer sur la tradition du gaullisme social aujourd'hui trahi par la majorité actuelle et appelle d'ores et déjà les tourquennois patriotes, portés par les luttes sociales à rejoindre le combat qui s'entame….

La mise en place d'une liste républicaine populaire se poursuit en s'appuyant sur les revendications sociales de nos concitoyens. Nous appelons donc à rejoindre Julien Bailleul pour renforcer la liste soutenue par Debout la France. Bon courage à ces jeunes militants dans leur engagement collectif face aux représentants de la politique libérale actuelle. Retrouvez sur ce blog et sur christianmaes.fr l'actualité politique des municipales. Vos contributions sont les bienvenues.

samedi 13 janvier 2018

Mémoires : 1983 "Tourcoing : la première de la classe en culture"


A quelques semaines des élections municipales de mars 1983, le périodique du parti socialiste "l'Unité" publiait un long article sur Tourcoing dont l'essentiel était consacré à la politique culturelle. Même si je fus à l'époque un des artisans de cette politique, j'en ai fait une lecture critique et objective en considérant que déjà à cette époque le rayonnement de Tourcoing au plan national n'était pas un vain mot. Je reprends donc les passages les plus pertinents dont un certain nombre de points mériteront des commentaires ultérieurs. Cet article bien entendu partisan est cependant assez conforme à ce que dirent différents médias qui à l'époque parlaient du Tourcoing culturel que la présence de grands noms attirait : Le Monde, France Culture, Télérama, Le Matin etc. Il peut servir de point de repère à ca qui fut une aventure sans pareille.

"Références incontournables de I’art dramatique et de la musique, Gildas Bourdet et Jean-Claude Malgloire ont été installés à Tourcoing par la volonté de l'équipe socialiste et y resteront... par la force d'un deuxième mandat. Sinon la droite a promis de tout détruire"

Ce sous-titre polémique quant aux intentions de la droite devait s'avérer en partie vrai. J'y reviendrai. Mais en voici l'essentiel qui me parait encore aujourd'hui assez juste.

"TOURCOING, vous connaissez ? Il y a quelques années encore, on situait cette ville avec le réflexe de la récitation tout comme jadis les enfants des écoles égrenaient sagement — Pondichéry, Karikal, Chandernagor... — les comptoirs français des Indes, sans accorder à ces lieux aucune autonomie propre. Tourcoing ? Bah, oui : Lille – Roubaix – Tourcoing, pourquoi ? Et la cité de se retrouver noyée au cœur d'un triangle régional, là-bas, dans le Nord du textile."

"Ça, c'était avant. Avant les élections municipales de 1977 qui ont amené la gauche à la mairie. Parce que, maintenant, changement de décor : Tourcoing n'est plus dissimulée sous les brumes de l'anonymat ; Tourcoing, on connaît. La ville existe bel et bien. Et seule : reconnue comme l'un des lieux les plus doués en essor culturel sur tout le territoire français. Sur ce chapitre, vraiment, chapeau bas ! Il suffit d'ailleurs de lire le menu pour s'en rendre compte. Un exemple au hasard : où donc se nichent Gildas Bourdet et Jean-Claude Malgloire, deux des créateurs les plus flamboyants d'aujourd'hui qui n'en finissent pas d'accumuler les prix et les récompenses (1) ? Réponse : à Tourcoing. Eh oui ! Gildas Bourdet et son théâtre de la Salamandre (souvenez-vous : « Martin Eden », « Britannicus », « Attention au travail » et, plus récemment, « les Bas-Fonds »), Malgloire et son ensemble orchestral « la Grande Ecurie de la Chambre du Roi » sont bien là. Coqueluches de la France artistique, références incontournables de l'art dramatique et de la musique des années quatre-vingt, ils ont été installés à cet endroit précis de l'Hexagone par la volonté de l'équipe socialiste et y resteront... par la force d'un deuxième mandat de gauche si, toutefois, celui-ci voit le jour en mars prochain" (…)
Disons à ce sujet que l'équipe municipale était socialo-communiste et que membre du parti communiste au début du mandat c'est grâce à mes multiples contacts avec de nombreux intellectuels et créateurs communistes, avec Jack Ralite, Ivan Renar, que fut mis en place cette priorité culturelle fondée sur la création. Comme beaucoup de metteurs en scène, Antoine Vitez, Jean-Pierre Vincent…Gildas Boudet était communiste et venait de la ville du Havre !
A ce sujet cette politique fit l'objet d'intenses débats entre socialistes tenant de la priorité à l'animation et à la médiation progressive entre le peuple et la culture de haut niveau et le puissant groupe communiste qui défenseur de la création artistique comme pilier de l'accès et de la démocratisation culturelle.

"Car, en dépit d'un bilan positif évident, en dépit même de cette renaissance inespérée de la cité qui est devenue l'un des atouts majeurs de la création culturelle française, la carte de Tourcoing n'est pas jouée d'avance (…)

La plus belle réussite
En gros, les élus socialistes se sont efforcés de promouvoir une politique nouvelle, cohérente, en opposition avec la politique sans perspective que la droite avait menée. Ce qui explique le bon nombre de projets à long terme comme le plan énergétique communal (prévu pour les deux ans à venir), un plan de reconstruction scolaire, le réaménagement de la circulation ou, encore, l'aménagement de l'usine Flipo en centre culturel largement diversifié (12 000 m2 qui abriteraient la bibliothèque et le musée municipaux, un musée archéologique, un centre d'action culturelle, les archives municipales et, enfin, une grande salle de 800 m2 à vocation multiple). Un dossier qui intéresse considérablement le gouvernement puisque l'ensemble des directions du ministère de la Culture concernées par ce sujet se sont rendues, il y a peu, sur les lieux de cette ancienne usine désaffectée, qui fut rachetée en 1980 dans l'esprit d'une conservation du patrimoine architectural du siècle dernier."
L'usine Flipo était située en plein centre ville à hauteur aujourd'hui de l'avenue Salvatore Allende, entre la rue de Tournai et la place Miss Cavelll. Ce témoignage architectural de l'industrie textile m'avait frappé notamment par cette immense salle de la machine à vapeur dotée de vitraux dignes d'une cathédrale. La période politique permettait ce genre d'ambition comme le témoignaient les premières études.

"La culture... Le mot est lâché. Si Tourcoing a ratissé son paysage urbain, a réchauffé autant que faire se peut son problème de l'emploi, a créé un vaste complexe sportif et bâti un nouveau foyer-restaurant pour les personnes âgées ; si la municipalité a construit trois nouvelles écoles, décidé d'offrir des allocations-vacances pour les enfants défavorisés, c'est quand même dans le domaine de la culture que le pari socialiste tourquennois a connu sa plus belle réussite.

Observons : le mandat qui vient de s'écouler a vu naître la Salamandre, compagnie dramatique devenue théâtre national ; l'Automne culturel, un festival qui prend de plus d'ampleur ; l'Atelier lyrique de Jean-Claude Malgloire ; le centre d'action culturelle de l'Espierre et l'Ensemble instrumental de Flandre-Wallonne. Tout cela pour un budget culturel municipal qui est inférieur à ce qu'il était auparavant (on ne dépasse pas, aujourd'hui, toutes structures comptées, 8 % du budget) puisque la ville, en donnant un toit à de réels talents, a réussi à faire intervenir le gouvernement. Pourquoi un tel choix ? « Parce qu'il n'y a pas de vie sans création artistique et que ce qui est culturel est également politique », souligne Christian Maes, adjoint au maire, chargé de l'éducation, de la formation et de la culture. Et il poursuit : « Cette décision relève d'un combat idéologique. S'appuyer sur la création de grande qualité, c'est une marque de profond respect pour la classe ouvrière. Tourcoing, avant, n'était que le parfait reflet de la bourgeoisie en place : un théâtre municipal, un musée, un conservatoire, une école d'art et le traditionnel pèlerinage vers l'opéra du Nord, situé à Lille. On se donnait les moyens d'entretenir une certaine classe sociale, point à la ligne. "
Ce qui avait beaucoup attiré de grands créateurs c'est la totale liberté qu'ils avaient dans leurs choix de création, la ville se réservant au travers de son festival "Automne culturel à Tourcoing" les choix d'action proprement municipaux mais en parfaite harmonie avec l'ensemble de la politique de soutien à la création contemporaine
.
"Lorsqu'il n'y a rien dans une ville, la bourgeoisie a toujours les moyens de se déplacer. Pas les ouvriers dont le temps libre est mesuré. Nous avons donc eu le désir de faire progresser cette notion de temps libre en présentant ce qu'il y a de mieux... »

Jean-Claude Malgoire
 Christian Maes sait de quoi il parle. C'est lui, personnellement, qui s'est battu pour le retour de Gildas Bourdet que la précédente municipalité avait chassé. C'est lui qui a monté « l'affaire Malgloire » (pour laquelle, au sein d'un syndicat intercommunal la ville ne débourse que 2,7 millions de francs) ; lui encore qui s'est battu pour son festival automnal, subventionné principalement par la région et dont on vient de fêter le cinquième anniversaire avec cinquante-six concerts et spectacles de théâtre et six expositions (dont une superbe rétrospective David Hockney, plus importante encore que celle de Beaubourg) étalés sur un mois et demi. Une manifestation qui a attiré plus de 50 % de spectateurs issus de la région, dont environ 35 % de Tourquennois. Cause première du réveil de la cité et de la reconquête de sa place au sein de l'Hexagone, la culture est également pourvoyeuse d'emplois : l'Atelier lyrique compte onze permanents, la bibliothèque (un effort sans précédent vient d'être fait en faveur de la lecture publique) a créé vingt-trois emplois et la Salamandre, de par son nouveau statut, a également embauché. Et l'on pourrait encore ajouter .la multiplication des conservatoires de quartier (quatre viennent de voir le jour) ainsi que l'agrandissement de l'Ecole supérieure d'expression plastique que l'Etat aide actuellement financièrement. Sans compter, également, les retombées économiques : si les restaurants et les commerçants n'ont pas encore pris le pli d'un nouveau Tourcoing by night, l'hôtel Ibis, lui, avoue que 60 % de ses recettes viennent de l'effervescence culturelle de la ville."
 
A la fin du mandat le centre dramatique devient "Théâtre National de Région" dans une négociation qui eu lieu avec Pierre Mauroy, l'Idéal Ciné racheté par la ville et confié à Gildas Bourdet devient un centre de création essentiel aujourd'hui toujours vivant bien que remis en cause par l'actuelle municipalité,"L'Espierre" est promu Centre d'Action Culturel reconnu par l'etat et bénéficiant de 66% de subvention. La lecture publique, parent pauvre (Tourcoing étant avant dernière dans le classement des villes de plus de 50000 habitants en ce qui concerne sa bibliothèque) prend son essor.

"Et les Tourquennois, eux, comment vivent-ils cet élan ? « Il convient de reconnaître que tous les Tourquennois ne se précipitent pas aux « Bas-Fonds » ni au « Couronnement de Poppée », avoue Christian Maes. Mais ça vient. Au printemps théâtral de Bourdet, on comptait un tiers de Tourquennois sur seize mille personnes. C'est déjà ça. 
Face à ce boum inespéré, la droite n'a qu'une parole. Détruire, disent-ils. Ce qu'ils veulent ? Fermer l'Idéal-Ciné où œuvre Bourdet, virer Malgloire, supprimer le centre d'action culturelle (qui sera reconnu par l'Etat en 1984). D'où un risque énorme pour la- ville, celui du recul. A l'heure où bon nombre de dossiers sont en route ; à l'heure où le gouvernement semble avoir élu Tourcoing pour y créer en 1986 l'une des cinq grandes écoles françaises des Beaux-Arts, l'élection de la liste d'opposition couperait court à tous ces projets".
La droite dirigée par Stéphane Dermaux gagne les élections. Elle remet en cause comme prévu le centre d'action culturel qui disparait, annule la nouvelle édition du festival, tente de fermer le musée des Beaux Arts, ne donne pas suite au projet Flipo… ; saborde le projet de rénovation de la scène du théâtre municipal faisant de celle-ci un des lieu les plus important de la région mais les contradictions internes entre le maire et son adjoint à la culture feront que beaucoup sera préservé pour un temps…Un long déclin s'en suivit.

Et le journaliste concluait :"C'est l'enjeu de Tourcoing, en mars prochain. Même pas quitte ou double. Mais bien plus l'annulation ou le banco. La continuité dans le sunlight ou le plongeon, tous feux éteints, dans la morosité terne. Reste à savoir si les Tourquennois pourront continuer de voir clair dans le noir..."

 " (1) Gildas Bourdet a obtenu en 1979 le prix Georges Lerminier de la meilleure création théâtrale présentée en province (Syndicat de la critique) pour « Attention au travail » et Jean-Claude Malgloire a obtenu en 1982 le prix Claude Rostand de la meilleure création musicale présentée en province (Syndicat de la critique) pour « le Couronnement de Poppée "

samedi 9 décembre 2017

De l'opportunisme, à Tourcoing et ailleurs…

En cette fin d'année, je regarde les six derniers mois de la vie politique et sociale de ma ville qui, à bien des égards, est un miroir local des ambiguïtés de la vie nationale. Depuis quelques temps son nom est souvent cité au point de la confondre, dans l'imaginaire collectif avec sa voisine si proche, Roubaix ; dernièrement c'est Renaud Camus qui la prenait pour exemple (à tord?) de sa théorie du "Grand remplacement".


mercredi 26 avril 2017

Un vote populaire et souverainiste

J'ai toujours considéré à la fois comme élu et militant engagé que ma ville, bourgeoise et populaire, industrieuse et indépendante, alliant progressisme et tradition était très politique dans les choix qu'elle faisait, cela s'est confirmé ce dimanche et c'est réconfortant pour l'avenir..

Les résultats sont tombés et en ont surpris plus d'un, à commencer par le maire qui outre cette qualité, est un homme politique engagé au plus haut niveau de "Les Républicains". Les voix de Mélenchon et Le Pen arrivés en tête auxquels on peut ajouter celles de Dupont Aignan donne un total de 58,8% laissant loin derrière l'"Umps" et son ultime avatar M. Macron.

Mes concitoyens se sont réveillés, la participation est excellente même si elle ne rejoint pas encore la moyenne nationale. Ils ont majoritairement voté pour la souveraineté populaire et nationale et ont donné un sens politique réconfortant à leur vote car sans ambiguïté.

La ville renoue avec un passé politique pas si lointain où se côtoyaient un gaullisme populaire et social (1959 à 1977) et la tradition républicaine, laïque et ouvrière du PS et du PCF (1977-1983-1989). Elle rappelle au bon souvenir l'immense victoire du NON au référendum de 2005 sur le traité européen en renouvelant avec force l'avertissement donné à l'époque, bafoué par Jospin et Sarkozy.

Ce retour aux fondamentaux après de longues années d'une municipalité molle, de compromis chrétien démocrate avec le rocardisme, maintenue aux commandes  en raison d'une forte présence du Front National et de la position, justifiée à l'époque, du refus des gaullistes et de la droite d'une quelconque alliance, a considérablement affaibli le mouvement populaire et a rejeté bon nombre de nos concitoyens dans l'abstention.

D'où mon incompréhension totale de la position du maire de soutenir M. Macron à l'opposé de ce que viennent de dire les tourquennois !

Soyons honnête, le discours clair mobilisateur de Mélenchon, discours de classe (notamment lors de sa venue à Tourcoing), a réveillé les ardeurs et s'ajoute, que ça plaise ou non, à l'évolution républicaine et populaire de Mme Le Pen.

Un mouvement populaire, national, de progrès, d'une nouveauté extraordinaire peut se créer en France si convergent les voix du monde du travail, des insoumis, des patriotes pour rejeter la candidature Macron et le battre.


Ma ville, grande cité de labeur et de progrès, peut être exemplaire. 

mercredi 12 avril 2017

1977, Union de la Gauche, Guy Chatiliez

    Il y a quarante ans la gauche unie (PS et PCF) s'emparait de la mairie de Tourcoing.Un hommage à Guy Chatiliez, tête de liste et artisan de cet accord historique, maire de Tourcoing est à voir au travers d'une expo à la médiathèque. Avec mon amical souvenir à mes camarades et ma pensée à Guy Chatiliez trop tôt disparu.

    Les accords avaient prévu que je devinsse adjoint (Culture, Education, Formation). Ce fut ce jour là une immense joie et une grande fierté pour tous les militants. Je prépare sur cette période très politique quelques articles à lire sur mes blogs. A mettre en miroir avec la période actuelle tout en rejet de la politique et du militantisme... 

    Cette exposition mériterait la numérisation des documents et à être complétée. La vie politique à Tourcoing sous l'Union de la Gauche reste à écrire tant elle fut intimement liée à la politique nationale : de la rupture de l'Union à l’élection de Mitterrand jusqu'à la défaite de 1983, sans oublier l'oeuvre de renouveau du conseil municipal de l’époque.

mardi 2 août 2016

Défendons le Muba

   "L'interventionnisme de la mairie agace au MUba de Tourcoing", un article du Monde de ce 30 juillet qui fait le point sur ce que je dénonce depuis des mois. Un adjoint à la culture dont l'inculture avait déjà censuré une exposition photographique, contraint la conservatrice au silence, imposé des artistes locaux en dehors de tout projet culturel et dont l'attitude est contraire à tout ce que nous avons tenté de construire à Tourcoing : priorité à la création, autonomie des artistes et des responsables culturels dans le cadre d'une politique culturelle qui n'existe pas pour l'instant. 

   Ou Monsieur Darmanin intervient, ou il est complice de cette attitude .

    Défendons notre musée, sa conservatrice et exigeons plus de moyens pour des expositions rayonnantes et une nouvelle politique muséale




samedi 13 février 2016

Ma gare


La gare de Tourcoing connait actuellement un franc succès dans les réseaux sociaux. Sans doute est-ce lié à la mise en œuvre par la SNCF d'un TGV bon marché ("low coast") au départ, plusieurs fois par jour, de notre ville vers Lyon ou Rennes. Ce train "Ouigo" est d'ailleurs signalé étrangement sur de vastes panneaux publicitaires comme une nouvelle offre au départ de Lille alors qu'il ne s'y arrête pas !

Bon, ne lésinons pas sur le plaisir de voir notre gare reprendre un peu de vie en plus des rares vrais TGV qui partent encore pour Paris et de quelques trains belges à l'horaire aléatoire…

Reste que, puisqu'elle redevient un point de départ métropolitain, il convient de s'interroger sur son accès depuis toute la communauté urbaine et de Lille en particulier.

A ce sujet, je me souviens des discussions qui eurent lieu lors de la détermination des stations de métro de la ligne 2 en construction. Je fus de ceux qui souhaitèrent un arrêt "Gare de Tourcoing" et la transformation de la place Semard en gare routière. Une réponse technique[1] nous fut imposée en créant la station "Sébastopol" avec promesse de trouver un moyen de liaison piétonne (type aéroport) directe, rapide et protégée entre cette station et la gare elle-même, liaison qui ne vit jamais le jour.

Emettons l'espoir que nos "décideurs", comme on dit aujourd'hui, retrouvent le bon sens. Nous pourrions même imaginer de prolonger la ligne du tramway, notre bon "Mongy" de son terminus actuel vers la gare par l'avenue Gustave Dron" qui doit être reconstruite.

Tout cela n'est en fait qu'une péripétie de la politique d'aménagement qui vit la conurbation Lille-Roubaix-Tourcoing passer peu à peu du souhait des élus de l'époque d'une métropole tripolaire à une domination lilloise, aujourd'hui appelée MEL (Métropole européenne de Lille) en passant par un hypothétique "versant Nord-Est" surtout porté par les élus roubaisiens.

Il y a une nostalgie utile à se remémorer, à consulter les archives, à écouter les plus âgés qui connurent la fiévreuse activité ferroviaire avec les ateliers, les salles de repos pour les nombreux cheminots, le buffet de la gare en activité, un kiosque de presse, dans l'attente du départ ou de l'arrivée du rapide Paris-Tourcoing ou autre Dijonnais (une grande ligne transversale). Cela avait une certaine allure…

Le déclin urbanistique lié au déclin économique avec la disparition du textile n'est pas la seule raison, les choix politiques de soumission ou de clientélisme ont leur part qu'il convient de regarder à nouveau pour ne pas sombrer dans les mêmes erreurs.






[1] Si je me souviens bien, une station "Gare" ne permettait pas la création de "Tourcoing centre" pour des raisons de courbe de voie ferrée; Je fus toujours dubitatif et pense encore aujourd'hui que nos technocrates de l'époque avait cru à la disparition totale du trafic de la gare de Tourcoing.

vendredi 4 décembre 2015

Militant républicain

La Voix du Nord et Nord Eclair Tourcoing ont publié un "portrait" un peu schématique de mon engagement politique. (Voir sur http://www.christianmaes.fr )

lundi 9 février 2015

L’Idéal et l’atelier de décors du Théâtre du Nord en danger


Il est peut être encore temps de faire comprendre au maire de Tourcoing et à sa majorité UMP/UDI qu’ils s’orientent dans une voie qui va desservir la ville pour longtemps, celle de la remise en cause de la vie culturelle, facteur essentiel de développement, de promotion intellectuelle et économique de la ville et de sa population.

Je publie l’excellente lettre du directeur de Théâtre National Tourcoing-Lille, Christophe Rauck successeur de Stuert Seide, Daniel Mesguich et mon ami Gildas Bourdet….

Je vous invite à signer la pétition et à manifester votre opposition à cette décision qui m’attriste profondément…

"L’Idéal et l’atelier de décors du Théâtre du Nord en danger ?

Le maire de Tourcoing annonce le retrait total de sa subvention !

Le 14 février 2015 risque de faire date dans l’histoire du Centre dramatique national du Nord basé à Lille dont le berceau est L’Idéal à Tourcoing. Ce jour-là, Gérald Darmanin présidera le conseil municipal au cours duquel sera voté le budget 2015 de la ville de Tourcoing, budget auquel sera retiré la totalité de la subvention, à savoir 76 250 €.

Arguant du fait qu’il hérite d’une situation d’endettement, le maire de Tourcoing propose au Théâtre du Nord de signer une convention de mise à disposition de L’Idéal – sans subvention – et qui inclurait un loyer pour l’atelier de construction de décors situé également à Tourcoing.

Si le montant de cette location reste à définir, le bâtiment actuellement mis à disposition avec fourniture des fluides, est valorisé à 43 460 €/an (+ 20 000 € pour les fluides).

Cet atelier, nécessaire et essentiel à la création, mission première d’un CDN, développe une activité quasi unique au nord de Paris, génère des emplois et permet à de nombreux spectacles d’exister.

 En résumé, le CDN perdrait sa subvention de 76 250 € et verrait s’alourdir ses charges du montant de l’atelier de construction (environ 63 460 € par an).

Les autres structures culturelles tourquennoises verront leur subvention diminuer de 7,5%, celle de L’Idéal de 100% !

Gérald Darmanin touche un symbole de la décentralisation théâtrale !

L’Idéal est le siège social du Théâtre du Nord, en mémoire à l’aventure artistique collective qui y a débuté en 1978.

Avertis, nos partenaires institutionnels, Etat, Région et ville de Lille se disent très attentifs à la situation à Tourcoing : nous attendons leur position.

Merci d’être à nos côtés pour défendre L’Idéal, symbole de la décentralisation théâtrale et de l’aventure du théâtre public en région
Nord-Pas-de-Calais.


Christophe Rauck,
Directeur du Théâtre du Nord Lille-Tourcoing et son équipe

vendredi 6 février 2015

Un coup dur pour la création théâtrale


Je n'en crois pas mes yeux.
Je lis, dans Nord éclair, que le maire de Tourcoing et sa majorité remettent en cause le Théâtre du Nord, (Théâtre national de Région en1982) qui crée et travaille notamment à l'Idéal Ciné, en supprimant la modeste subvention qui marquait depuis tant d'années le soutien de la ville à la création théâtrale de haut niveau et pour autant populaire.

Rappelons que c'est un ministre gaulliste de la culture qui installa à Tourcoing le Centre Dramatique National alors dirigé par André Reybaz. La municipalité de l'époque était dirigée par René Lecocq, maire gaulliste, à la tête d'une municipalité de droite ! Quelle ironie !
Affiche du premier spectacle de Jérôme Deschamp
joué à l'Idéal Ciné pas encore rénové à l'invitation de la Salamandre
 avec André Guittier
 

Ayant personnellement contribué au développement de ce centre en accueillant (1975) et soutenant (1977) Gildas Bourdet, André Guittier et "La Salamandre", en faisant du vieux cinéma l'Idéal un haut lieu de création et de diffusion, tant sur le plan local que national et qui fit rayonner notre ville, je suis abasourdi par la mise en œuvre, il faut l'appeler comme cela, d'un démantèlement de la politique culturelle à Tourcoing.

Après le musée, l'école des Beaux Arts, le conservatoire, la censure d'exposition et maintenant le Théâtre national, quel sera le nouvel acte d'incompétence intellectuelle de cette municipalité ?

dimanche 11 janvier 2015

"No comment"


De retour de la manifestation pour la liberté d'expression et les valeurs de la laïcité républicaine, je regarde depuis Saint Christophe deux lieux tourquennois en vis à vis. Cela se passe de commentaires, pour l'instant...
 

 

mercredi 31 décembre 2014

Pour un libraire heureux à Tourcoing.

  
En cette fin d’année, s’annonce le départ du centre ville de la dernière librairie de la ville, en l’occurrence « Majuscule ». Certes, on nous annonce qu’il s’agirait d’une restructuration dans un autre lieu moins coûteux en location mais force est de constater que depuis maintenant des mois, la part réservée au livre y est de plus en plus modeste et sous certains aspects inexistante. Il nous faut désormais craindre le pire : la disparition totale d’un véritable libraire à Tourcoing. Ce serait un désastre culturel là où beaucoup avait été réalisé pour le développement de la lecture publique. Sans doute n’a-t-on pas pris suffisamment garde ces dernières années à mener une politique en ce domaine associant  initiative publique (nos bibliothèques municipales) avec des professionnels de qualité que sont nos bibliothécaires, nos associations culturelles et l’initiative privée, libraires et éditeurs, notamment régionaux en s’appuyant sur le conseil général et pour l’édition sur le conseil régional.
 
Librairie près de la mairie, photo Nord Eclair
Bien sûr on peut rétorquer que l’économie du livre est un secteur en difficulté face à l’arrivée du numérique et de gros fournisseurs, et ce serait en partie juste sauf à considérer que le rôle social du libraire n’est plus utile et nécessaire au développement intellectuel et culturel d’une grande ville de tradition comme la nôtre.
 
Car enfin, il est incompréhensible qu’après la disparition des libraires comme — pour ne citer qu’eux — Piedanna, rue de la cloche, Sainte Beuve, rue de Tournai puis place de l’Hôtel de Ville et surtout le Furet du Nord, la question ne se soit pas posée alors que ce dernier réinvestissait à Roubaix en centre ville, ville qui a le plaisir d’avoir en plus nombre de libraires indépendants, courageux et dynamiques (Les Lisières, Autour des mots, Le Cep, etc…).
 
Le plaisir de la lecture ne commence –t-il pas par cette déambulation dans les rayons d’une librairie, à la recherche ou non d’un ouvrage, de repartir avec celui auquel on n’avait pas pensé après un entretien avec un ami de rencontre ou suite au conseil avisé de ce professionnel cultivé qu’est le libraire proche ?
 
Le nouveau centre commercial pourrait offrir un lieu propice à un commerce culturel mais un accord imbécile interdit la présence d’un commerce de presse qui pourrait pourtant compléter utilement une librairie. Quand on pense d’ailleurs qu’il est désormais impossible de trouver dès l’après-midi le grand quotidien national du soir !
 
Une initiative urgente est à prendre en ce domaine. C’est un premier vœu pour 2015 !

dimanche 28 décembre 2014

Bancs publics...

Le nouveau maire d’Angoulême (UMP), afin d’éviter que clochards et autres intrus ne squattent les bancs du centre ville n’a rien de trouver mieux que de les encadrer d’une cage métallique. Les bonnes âmes se hérissent. Un amalgame avec nos quelques bancs tourquennois a fait quelques échos dans la presse. En effet, ceux ci sont conçus, apprend-on, de telle manière que l’on ne puisse s’y allonger, leur assise étant partagée par une excroissance métallique forte incommode pour celui qui pourrait y tenter une sieste.

Cet étrange rapprochement est-il dû au fait que le maire de notre ville soit aussi un nouvel élu UMP tout aussi inhumain donc que celui d’Angoulême, sauf que nos bancs publics furent installés sous la précédente municipalité PS.

Deux remarques cependant :

La lutte pour la reconquête urbaine des centres ville commence sans doute par prendre toutes les mesures contre les incivilités, le parasitisme, la saleté et la petite délinquance… Il n’est pas rare de trouver sur le seuil de nos habitations, détritus, excréments voire quelques restes cartonnés d’un couchage nocturne. Que ceux qui trouvent ces propos inconvenants et qui ont la compassion facile mais contemplative ne fassent pas de procès sauf à abriter, pour autant qu’ils le désirent, les personnes concernées dans leur douillette demeure. Je partage l’avis de Philippe Bilger qui « voit, devant certains commerces, de véritables campements de clochards à l'encontre desquels, in petto, on proteste en mettant en cause l'inertie des pouvoirs publics qui les laissent perdurer au prétexte de la liberté individuelle ».

Pour autant c’est plutôt le manque de bancs publics qui est à souligner. Des villes (voir l’initiative de Dijon) ont pensé au nombre croissant de personnes âgées qui lors de leurs emplettes où de leurs promenades souhaitent se poser un instant, échanger avec un ami ou un voisin, et ont pris les mesures adéquates : bancs, fauteuil voire de tranquilles abris. Avouons que notre ville en a un besoin urgent.

dimanche 21 décembre 2014

Hôtel du Cygne

Au moment où le conseil municipal vient de décider de demander à la communauté urbaine de préempter les établissements Devianne, rappelons-nous que jusqu'au début du XXème siècle, ce fut le lieu du plus grand hôtel de Tourcoing, l'Hôtel du Cygne.

Cet important édifice fut acheté dans les années 20, par mon grand père, Arthur Maes qui y installa un atelier de fabrication de meubles et de décoration qui perdura jusqu'en 1985.

Durant toute cette période, l'ensemble fut conservé à peu près en l'état comportant les anciennes écuries, la plupart des chambres transformées en petits appartements, avec l'ancienne salle de spectacle où l'on entreposait les meubles de divers styles. Une vaste et longue cour intérieure traversait l'édifice, permettant aux voyageurs d'accéder par un large perron à l'hôtel lui même. Un lavabo en marbre de forme oblongue gravé Hôtel du Cygne fut conservé marquant l'attachement de la famille à ce lieu historique. De même que l’enseigne en bois peint (visible sur la photo) resta longtemps comme symbole une marque de fabrique... à suivre
 

dimanche 20 avril 2014

MUba, excellent vernissage, mais absence politique…

Le vernissage de l’exposition Elmar Trenkwalder (jusqu’au 24 novembre 2014 au MUba de Tourcoing) n’a pas satisfait les quelques curieux dont je suis, non pas par les œuvres présentés ce dont il faut féliciter Evelyne-Dorothée Allemand et Yannick Courbès, commissaires, mais parce qu’il s’agissait de la première manifestation culturelle de la nouvelle municipalité. Je m’attendais donc à une première intervention du maire ou de son adjoint sur la politique qu’il entend mener en matière culturelle et muséale.
 
En l’absence du maire, c’est un premier signe, nous eûmes droit à une courte intervention du nouvel adjoint à la culture et au patrimoine d’une banalité révélatrice, vide de sens sauf à croire que le bref propos sur la « médiation culturelle » ne laisse augurer rien de bon dans le sens où qu’avant de parler d’éventuelles médiations, il faut défendre et promouvoir la création… Ne faisons pas de procès d’intentions mais cela confirme, hélas, ‘ l’inquiétude qui fut la mienne lors de la lecture du programme de M. Darmanin notamment au sujet du musée. Dans l’attente la vigilance s’impose !

dimanche 9 février 2014

Avoir cent ans à Tourcoing

1914-2014
L'association Hélio et surtout son président Jean-Pierre Salomon ont mis en œuvre une brillante exposition,  qui est à voir à la galerie Nadar, médiathèque centrale, jusque fin avril. Nous reproduisons ci dessous le propos préliminaire rédigé par l'Association

"L’image photographique connaît de multiples destinées. Les portraits sur papier lustré finissent soigneusement rangés dans un portefeuille, permettant à leur propriétaire d’emmener avec lui, et de présenter à autrui, les traits de l'être cher. De même, les photos précieusement collées sur les feuillets d'un album familial, jaunissant au fil du temps, offrent aux générations futures une image fidèle de leurs aïeux. Toutes ces images deviennent cependant avec les années bien plus qu’un souvenir personnel et prennent valeur de document historique, de témoin d'une époque révolue. Des observateurs attentifs jouent d’associations inédites de ces photographies, et de commentaires distanciés, pour leur apporter cette dimension supplémentaire. Une approche qui a servi de base à notre exposition, par laquelle nous espérons esquisser l'évolution de la société au cours du siècle qui vient de s'écouler.

            "Avoir cent ans à Tourcoing" est donc la compilation ordonnée d'extraits choisis dans les différents albums de famille des membres de HELIO, soutenue par les apports iconographiques et la collaboration active de la Société Historique de Tourcoing et du Pays de Ferrain. L’exposition déroule l'histoire passée depuis la déclaration de la Première guerre mondiale, et reconstitue en quelque sorte la biographie fictive d'un centenaire tourquennois. Le regroupement de ces vieilles photographies prend alors tout son sens, et nous espérons que le spectateur pourra retrouver dans cet accrochage un reflet de son propre parcours ou de celui de ses proches"*